Sarah McCoy

Blues Folk Jazz | Nouvelle Orléans (USA)
Contact booking : william@furax.fr

© Christophe URBAIN

Il y a du Bessie Smith en elle, et une pincée d’Amy Winehouse. Un soupçon de Janis Joplin et un zest de Tom Waits. Quelque chose de Fiona Apple, aussi. Et son univers n’aurait pas déplu à Kurt Weill. Voilà pour ceux qui ne la connaissent pas. Les autres savent qu’elle ne ressemble à personne, que sa voix et son charisme s’imposent dès les premières mesures.

À 28 ans, Sarah McCoy a vécu plusieurs vies. Elle a traversé les Etats-Unis de New York à Charleston, en Caroline du Sud, de Santa Cruz à Monterey, en Californie. Avant de poser ses valises dans la ville la plus mélodieuse du pays : la Nouvelle-Orléans.

Sarah est la benjamine d’une famille de six enfants. Son père est un ancien flic de Brooklyn, sa belle-mère une nonne reconvertie en institutrice. Elle naît le 27 Mai 1985 en pleine campagne, à Pine Plains, dans l’Etat de New York. Sa famille emménage à Charleston l’année de ses cinq ans. « Mes parents aimaient Charleston car le temps y était magnifique. Quand mon père comprit, après avoir démissionné, qu’il ne trouverait plus de boulot à New York, on est parti dans le sud. »
Les parents de Sarah la mettent au piano à l’âge de 11 ans. C’est lors d’un voyage dans le Maryland qu’elle a une révélation. « Mes parents s’y rendaient en vacances. L’un de leurs amis était forain. Jay était un mec sympa, il pouvait débarquer à l’improviste et parler jusqu’au bout de la nuit. Quand sa femme mourut, il offrit à mes parents le piano qu’elle lui laissa. » C’est ainsi que Sarah fait ses premières gammes. Sa professeur est une fidèle de l’église du quartier, passionnée de musique classique. Elle est si déterminée qu’elle pousse Sarah à passer l’examen d’entrée de la « Charles County School of Arts ». Elle l’intègre du premier coup. Elle se consacre au piano, en prenant également quelques cours de théâtre.

"J'ai su depuis toute petite que je voulais chanter », dit-elle. Ses parents ne sont pas mélomanes, peu importe. « Je me promenais autour de la maison et je chantais comme une petite fille. J’adorais ça. » A 19 ans, elle comprend qu’elle peut combiner piano et voix. Elle n’a jamais pris de leçon de chant, mais elle se laisse aller aux mélodies qu’elle a en tête.

Sa chanson préférée est « American Pie », de Don McLean. « J’adorais cette chanson; c’est la première qui m’ait marquée. Celle dont j’ai immédiatement compris le sens des paroles. Ça tombait bien, c’était aussi une chanson rock ! »

J'avais 19 ans, je travaillais dans un delicatessen, et je savais que le patron possédait aussi un piano-bar. J’avais confiance en moi, je lui ai demandé illico de passer une audition. C’était ça ou travailler dans son trou à rat ! » Sarah lui joue deux morceaux qu’elle a composés, ainsi que huit reprises. « Selon lui, les clients ne voulaient que des chansons connues. Mais il avait tort. Les habitués aimaient mes compositions, ils aimaient ce que j’avais à dire. Le patron m’a laissé jouer mes morceaux. »

Après l'université Sarah quitte Charleston pour prendre la route. Elle a 20 ans. Elle fait beaucoup de stop, parcourt le pays avec sa petite amie de l’époque. « J’avais besoin d’autre chose que ce que j’avais connu de la petite bourgeoisie de Charleston. Je me sentais libre, j’avais envie de m’habiller comme je le voulais, de faire ce que je voulais. Mais je ne voulais pas devenir une zonarde pour autant. J’ai donc chanté pour gagner ma vie. »

Dans la rue, Sarah vend des bijoux qu’elle confectionne, et chante pour les passants, histoire de joindre les deux bouts. « J’ai aussi appris à jouer de la guitare, avec un clochard que j’ai rencontré à San Diego, en Californie. » Elle se met alors à composer et à interpréter ses propres morceaux.
La vie n’est pas simple sur la route. « J’ai eu 21 ans dans la forêt de séquoias du nord de la Californie. J’ai vécu dans mon van quelques mois. Puis je me suis retrouvée à bosser dans une pizzeria. Ma supérieure s’appelait Alyssa. Nous sommes devenues les meilleures amies du monde. Elle joue maintenant du xylophone dans mon groupe. » Elle rencontre également Sal Geloso, guitariste originaire de Brooklyn. Sal vit à Santa Cruz, mais vient régulièrement à la Nouvelle-Orléans. Sarah le suit, elle s’éprend aussitôt de la ville.

La Nouvelle-Orléans, c’est une source d’inspiration infinie. Son architecture, ses odeurs, ses tas de fers forgés, la rouille... Et la musique, partout, comme du beurre chaud qui coulerait sur les trottoirs ! Les gens, leurs illusions, leurs désillusions, ce va-et-vient permanent de folie, tout cela m’enivre. Toujours quelqu’un qui danse, un ami à chaque coin de rue. Ici, il y a une bande-son derrière quoique ce soit. Un homme qui prêche, le rire d’une dame âgée, un orchestre de cuivres, un chat qui dort. C’est une peinture en mouvement. Cela m’inspire, cela nourrit ma musique. »
Sarah est engagée dans quelques bars de quartier, parmi lesquels l’une des institutions de Frenchmen Street: le Spotted Cat. « Je m’amuse tellement ici. Je fais ce que j’aime faire et je me sens connectée à mon public. »

La voix de Sarah, son flow est absolument unique. « J’ai toujours aimé Fiona Apple, mais tout le monde dit que je chante comme Janis Joplin. Pour moi, c’est plutôt de Tom Waits que ma voix se rapproche ! Dans mes bons jours, je crois être capable d’un swing à la Aretha Franklin. Mais trêve de plaisanterie, je peux surtout chanter très aigu et très grave, ça me laisse beaucoup de liberté. »

La chose qui compte, quand tu écris et que tu chantes, c’est de croire en ce que tu dis. Si je me sens mal, je ne m’en cache pas, et la chanson, ce jour-là, n’en est que meilleure. Tu n’es pas seule quand tu joues, tu t’adresses au public. Tu ne peux ni te mentir, ni lui mentir. Mes chansons sont comme des nouvelles pleines de désirs, d’élans et de peines de cœur. Voilà ce qui m’inspire. J’écris sur ce qui me touche : la nostalgie, mes souvenirs, la ville. Je partage mes émotions comme on partage un verre ! »

Mais les chansons de Sarah ne sont pas tristes ou passéistes. « J’ai de la chance. J’aime ce que je fais. Je suis une fille chanceuse. Mon chien est gros, il est en bonne santé. Mes amis sont cool et la vie est plutôt douce avec moi. J’ai déjà gagné à la loterie, quoi ! »

Jan Ramsey. Redactrice en chef du magazine musical de la Nouvelle Orléans "Offbeat".

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