VSO

HIP HOP | NIMES / FR
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(c) Koria

«On est faussement bêtes, eux, ils sont bêtement faux” peut on entendre dans le nouvel EP de VSO (prononcer vaisseau). Au départ, trois amis de Nîmes. Sud. Alien,Vinsi (“pas comme les autoroutes, ça s’écrit avec un S”) et Pex. 25 piges de moyenne. L’aventure démarre en 2014. “On a écumé tous les bars pourris, on a fait un beau parcours du combattant!” Après un premier EP chez Polydor, chez qui VSO signe en 2017 “Southcoaster”, en compagnie de leur pote Maxenss, et après deux disques autoproduits, VSO revient avec “Kintsugi”. Cet EP est une faille spatio-temporelle, une porte qui s’ouvre sur une autre réalité, celle de la jeunesse de 2018, qui semble bien décidé à n’en faire qu’à sa tête. L’époque où il fallait choisir son camp, être rap et rien d’autre, sans concession, peut bien aller pleurer sa nostalgie et sa frustration ailleurs. VSO a l’identité décomplexée, lumineuse.

 

“Sur le EP, on a des morceaux qui vont être plus électro, plus grind, plus trap, d’autres plus acoustiques. On veut vraiment toucher à tout, être là dans tous les styles. Sans rien s’interdire. Chaque morceau a sa place et sa raison d’être… On a commencé en faisant du rap pur et dur. Mais comme on est aussi fan de rock, de plein de choses, ça a dévié au fur et à mesure. Il n’y a pas tellement de trucs qui ressemblent à ce que l’on fait. Nous, on dit qu’on fait de la murder pop. En fait, on assume tout” dit VSO.

 

Comme il a raison. L’heure n’est plus aux postures idiotes et aux fiertés mal placées. Le rap, grand schizophrène, aura mis au moins vingt ans à comprendre qu’il méritait mieux qu’un poste d’employé municipal, de médiateur social. Le rap est la variété française du nouveau millénaire, la pop de ceux qui ont grandi après la chute du mur de Berlin. VSO rappe comme il chante, avec une liberté non négociable, une fierté et une espièglerie de jouvence. Il n’est pas question ici d’opportunisme, de bouffer à tous les râteliers, non! C’est même exactement le contraire. La générosité avant la frilosité, les tripes et le kif avant la sécurité, l’aventure avant la carrière.

 

Voilà VSO. Un gang en cavale, à l’heure du politiquement correct qui dévore tout et des haters hyperactifs et impuissants. Cet ep, qui comprend neuf titres!!! (le premier album, attendu pour 2019, à ce rythme-là, devrait au moins être un double!!!), réchauffe les coeurs et montre le chemin à suivre: Tout tenter, ne jamais s’empêcher, avancer, encore et encore. Pour la beauté du geste, le plaisir de faire les choses ensemble, pour l’amour des mélodies reptiliennes et des beats vortex. Après une année de travail acharné, plus de quarante chansons composées et un tri drastique,

VSO balance donc à la face du monde ce “Kintsugi”, à la pochette immaculée, surréaliste, où les trois camarades de création ressemblent à un boys band improbable, provocateur et comme tombé d’une autre galaxie:

 

“Non, la pochette, c’est pas boys band, c’est trap stars, c’est rock&roll (rires)! C’était surtout histoire de se démarquer de ce qui se fait dans le rap français. Et puis, comme on le dit au début de l’EP, “Nique le rap conscient, vive l’entertainment!”. On voulait montrer que si on veut être débiles, on peut (rires). Et on peut ne pas l’être aussi. Notre style, c’est de ne pas avoir de style de prédilection. Tout est possible avec VSO…”

 

Et derrière ce visuel quasi hallucinogène, donc, neuf chansons racées, surprenantes, où les émotions ne se refusent rien. Anecdotiques, quotidiennes comme profondes ou viscéralement sincères, elles dessinent un univers mouvant, touchant, sensible et drôle, résolument indépendant. La seule recette de VSO, c’est de ne pas en avoir et c’est en cela que le trio est captivant. Un beat fédérateur succède à une guitare acoustique

intimiste, une punchline indélébile cède la place à une confidence vibrante, il y a encore une trompette d’aurore, une chanteuse espagnole, La Yegros, des souvenirs qui remontent, des soirées enfumées, des clins d’oeil, des mains tendues, des vannes qui soignent, surtout, la sensation qu’ici, on ne triche pas, jamais. On donne tout et on délivre au monde, quoiqu’il arrive. Pourquoi ce titre aux accents asiatiques alors?

 

“Dans le Japon du XVème siècle, quand les gens cassaient un beau vase, au lieu de le jeter, ils le faisaient réparer par des artisans, qui passaient sur les jointures de la poudre d’or. Et du coup, le vase prenait de la valeur. On a tout de suite aimé cette philosophie et ce concept. C’est une manière de magnifier ses blessures et de les valoriser. De les mettre au grand jour plutôt que de les cacher. Et vu que c’est un EP introspectif, où l’on parle pas mal de nous, où l’on se livre, on a trouvé que le concept était intéressant. On a eu la volonté de plus se livrer, de montrer qui on était vraiment sur ce disque. La plume a joué un vrai rôle… Un rappeur américain disait: “Tu vois ce que l’industrie peut te ramener mais toi, tu lui ramènes quoi?” Nous, on veut apporter notre pierre à l’édifice. On veut contribuer, activement…”.

 

Avec VSO, c’est la grande valse des sentiments. On danse, on vide des bouteilles, on s’éclate, sans arrière pensée et puis, quelques minutes plus tard, on est seul, face à ses doutes, ses vertiges. La vie en somme. Dans toute sa diversité, ses paradoxes. “Tu as beau te déguiser, tu restes un être humain avec des failles” précise VSO. Et la pochette narquoise prend d’un coup un tout autre sens. Derrière la blague, les références, le concept même, ces lignes dorées qui permettent d’y croire encore, malgré les fantômes et les souffrances passées. Booba, Stromae, Manu Chao, Cesaria Evora, Nekfeu, N.E.R.D, Massive Attack, Biggie, rap, rock, variété française, VSO a écouté les bons disques, indéniablement…

 

Dans cet EP, il y a “Où On Va”, une chanson à la mélancolie solaire: “Tu parles d’un truc merdique pour le transformer en quelque chose de beau et c’est ça qu’on aime dans cette chanson. C’est très sud américain comme état d’esprit”. Oui, un fatalisme qui sourit au bord du gouffre et c’est absolument renversant. Il y a encore “Nicotine blues”, une belle histoire d’insomnie pendant laquellet’enchaînes les clopes et tu réfléchis à la vie. Et je pense qu’il y a beaucoup de monde qui va se reconnaître là-dedans… Ou aussi “Iceberg” et son atmosphère électro imparable, un beat qui ne

fait pas de prisonnier et qui rapproche les corps. Ou “Wheelin”, rap de petit con impeccable. Et “Faena”, “Béton Brulant” avec Nemir, “Toréador” qui rappellent les origines de VSO, ce sud qui n’ignore pas que Paris n’est le centre que de lui-même et que l’ennui peut engendrer des créatures mutantes franchement valables.

 

Et puis, il y a la scène.

 

Là, VSO ne se contente pas de parader. C’est en live que le groupe incarne vraiment ce qu’il est, ce qu’il veut, ce qu’il vise. Une expérience de vie intense, où tous les fardeaux s’effacent le temps d’une communion sauvage.

 

VSO, trois lettres, trois âmes.

Le commencement.


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